Le Nanisme Hypophysaire

Une maladie génétique rare
Le nanisme hypophysaire est une maladie génétique héréditaire décrite notamment chez le Berger Allemand.
Elle est liée à une anomalie du développement de l’hypophyse, une petite glande située à la base du cerveau qui joue un rôle essentiel dans la production de plusieurs hormones.
Chez les chiens atteints, cette anomalie entraîne notamment un déficit en hormone de croissance. D’autres hormones produites ou contrôlées par l’hypophyse peuvent également être concernées.
Le résultat est un retard important du développement du chiot et ce que l’on appelle un nanisme harmonieux.
Comment se manifeste la maladie ?
Les chiots atteints naissent généralement avec une apparence normale. C’est au cours des premières semaines que la différence avec les autres chiots de la portée devient progressivement visible.
Les signes deviennent généralement significatifs vers 2 à 3 mois.
Le chiot grandit beaucoup moins rapidement et reste nettement plus petit que ses frères et sœurs. Malgré cette petite taille, ses proportions corporelles restent relativement harmonieuses.
Le pelage constitue également un signe caractéristique. Le duvet de naissance peut persister anormalement et le développement du poil adulte est retardé. Avec le temps, une perte de poils symétrique peut apparaître, principalement sur le tronc, le cou et le haut des membres.
D’autres complications peuvent accompagner la maladie en raison des différents déficits hormonaux.
Le nanisme hypophysaire ne doit donc pas être considéré comme une simple particularité donnant naissance à un Berger Allemand miniature. Il s’agit bien d’une maladie pouvant avoir des conséquences importantes sur la santé et l’espérance de vie du chien.
Une anomalie du gène LHX3
Chez le Berger Allemand, le nanisme hypophysaire est notamment associé à des anomalies du gène LHX3.
Ce gène intervient dans le développement normal de l’hypophyse. Lorsqu’il est altéré, le fonctionnement hormonal du chien peut être fortement perturbé.
La maladie possède un mode de transmission autosomique récessif.
Cela signifie qu’un chien doit recevoir une copie mutée de chacun de ses parents pour être génétiquement atteint.
Un chien ne possédant qu’une seule copie de la mutation est appelé porteur sain. Il ne développe pas la maladie liée à cette transmission, mais peut transmettre la mutation à sa descendance.
Le dépistage génétique
Un test ADN est disponible chez le Berger Allemand afin de rechercher les mutations connues du gène LHX3associées au nanisme hypophysaire.
Ce dépistage peut être réalisé avant la mise à la reproduction.
Il permet de connaître le statut génétique du chien et surtout d’éviter les associations entre deux reproducteurs porteurs susceptibles de produire des chiots atteints.
Comme pour les autres maladies récessives, découvrir qu’un chien est porteur sain ne signifie donc pas qu’il est malade ou qu’il doit automatiquement être retiré de la reproduction.
L’information permet avant tout de choisir son partenaire de manière raisonnée.
Le diagnostic chez un chien atteint
Chez un chiot présentant un retard de croissance important, le diagnostic ne repose pas uniquement sur son apparence.
Un vétérinaire peut réaliser différents examens afin d’évaluer son développement et son fonctionnement hormonal.
Le test génétique peut compléter ces investigations lorsqu’un nanisme hypophysaire héréditaire est suspecté.
Il est également important de distinguer cette maladie des autres causes pouvant provoquer un retard de croissance chez le chiot.
Une maladie aux conséquences importantes
Le déficit hormonal ne concerne pas uniquement la taille du chien.
Les chiens atteints peuvent développer différents troubles endocriniens et des complications touchant notamment la peau, le pelage, la fonction rénale ou l’appareil reproducteur.
La Centrale Canine indique un pronostic réservé, avec une espérance de vie moyenne rapportée d’environ 3 à 8 ans.
La prise en charge dépend de l’état du chien et des déficits hormonaux présents. Elle nécessite un suivi vétérinaire adapté.
Le nanisme hypophysaire et la reproduction
Cette maladie illustre parfaitement l’intérêt des tests génétiques en élevage.
Deux chiens peuvent être parfaitement sains en apparence tout en étant tous les deux porteurs de la même mutation récessive.
Sans dépistage, cette information reste invisible.
La connaissance du statut génétique des reproducteurs permet au contraire d’éviter les mariages susceptibles de produire des chiots atteints, sans nécessairement éliminer tous les chiens porteurs sains de la population.
C’est exactement le principe d’une sélection génétique raisonnée.
Aux Terres d’Ourobore
Aux Terres d’Ourobore, le nanisme hypophysaire fait partie des maladies génétiques prises en compte dans la sélection de nos reproducteurs.
Les résultats génétiques sont étudiés avant les mariages afin d’éviter les associations susceptibles de produire des chiots atteints.
Comme pour les autres maladies génétiques, nous considérons le dépistage comme un outil d’aide à la sélection.
Il permet de mieux connaître le patrimoine génétique de nos chiens et d’orienter nos choix de reproduction, tout en conservant une vision globale de chaque reproducteur et de ses qualités.
Connaître le risque permet de l’anticiper. C’est tout l’intérêt du dépistage génétique avant la reproduction.